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Arts

Chair à canon au Festival Fringe

Posted by FX / June 14, 2006

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« You snooze, you loose ». Comme le dit Papy, il faut veuiller au grain si on ne veut pas rater le train. Montréal a beau être un gros village, il s’en passe quand même assez pour que l’on s’en trouve parfois dépassé. Pièce à conviction #1 : le Festival Fringe. La semaine dernière, pendant que j’aspergeais mon agenda de WD-40 en espérant futilement arriver à y faire fitter toute mes activités, j’ai délibérément évité d’ouvrir le programme de ce festival boulimique qui me taquinait le coin de l’oeil. Après tout, pourquoi se faire souffrir en vain. Ce que l’on ne sait pas ne nous fait mal, n’est-ce pas? Eh bien, voilà, j’avais tout faux. Quand j’ai su que j’avais raté le concert de Kalmunity au Parc des Amériques, j’ai pleuré. Quand j’ai réalisé que je me refusais bêtement un possible moment de pure délire psychotronique ou la découverte de la prochaine Sylvie Drapeau en plein soliloque loufoque dans le sous-sol d’un club social hongrois, je me suis enfin ressaisi. On me souffle à l’oreille : va voir La Grosse! Je fonce.

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La Grosse fait honneur au vieux cliché : il y en a beaucoup à aimer. Dans un premier temps, le spectacle réuni en un ensemble fort réussi tout les éléments qui font la saveur spécifique et relevée du festival qui lui sert d’ombrelle. Le Fringe abrite plus souvent qu’a son tour des créations où l’urgence et la spontanéité s’expriment en toute liberté, où la mise en scène est simple mais efficace et où l’intensité de l’interprètation se met au diapason du sujet traité, généralement percutant voire dérangeant. Dans le cas présent, ce n’est pas seulement en tant que miroir du succès d’un événement qu’il faut retenir la prestation des membres de Toxique Trottoir, le collectif qui se cache sous les jupes de La Grosse. En abordant la sempiternelle mais ô combien actuelle problématique des canons de la beauté féminine et leurs effets devastateurs connexes sur l’esprit et la chair des victimes de première ligne, la pièce s’attaque à un gros morceau. Gros, car le traitement de la problématique peu facilement devenir lourdaud ou, à l’inverse, édulcoré au point d’en être banal et ennuyant. L’équilibre est atteint grâce à un ton à la fois ludique et mordant qui arrive à transmettre un propos résolument revendicateur sans sacrifier le plaisir du spectateur. Ici, comme c’est souvent le cas en théâtre de rue, l’ingrédient magique est le travail parfaitement dosé des interprètes Marie-Hélène Côté, Muriel de Zangroniz et Dominique Marier. La première mord à pleine dents dans le rôle d’agneau sacrificiel qui lui est dévolu, laissant des marques violacés sur la sensibilité d’un public absorbé. Les deux autres composent, avec pizzazz et crème fouettée, un duo classique qui évoque une paire de Laurel et Hardy d’un sadisme latent frôlant la tendresse. Efficace, touchant et hautement divertissant.
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Il vous reste deux chances de prendre rencart avec La Grosse, soit le jeudi 15 juin, à 19h00 et à 21h00. Les représentations ont lieu au 4211 de l'Esplanade, coin Rachel. Le sculpteur Armand Vaillancourt ayant eu la gentillesse de leur ouvrir sa cour pour l’occasion, le décor derrière le décor ne fait qu’intensifier la charge dramatique de l’ensemble. A cet effet, il importe aussi de noter l’apport essentiel du trio Les Conques Claquent, qui se joignent à la danse, tel un quatrième interprète, en manipulant fort habillement un environnement sonore dynamique qui est en constante interaction avec le flot narratif.

Le Festival Fringe se poursuit jusqu’au dimanche 18 juin.

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Clayton Phillips / June 21, 2007 at 12:07 PM
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