Sunday, September 22, 2019Light Snow -5°C
Film

Lonely Hearts Club Video: Les États nordiques

Posted by FX / May 12, 2006

341657.jpg
Une semaine à essayer d'avoir des billets. "Désolé, c'est complet", me répétait-on comme une litanie avant d'ajouter dans la même foulée que le producteur avait réservé une grande quantité de places et qu'il se pouvait que quelques-unes se libèrent à la dernière minute. Un peu sans y croire, je me pointe à la Cinémathèque le soir de la première. J'avais vu PREMIER JUILLET (Philippe Gagnon, 2004) dans l'après-midi. Comme vous vous en doutez, mon enthousiasme envers la relève du cinéma québécois n'était pas à son plus haut! Pourtant, cela allait rapidement changer lorsque le guichetier me tendit l'un des derniers laissez-passer disponible. Je m'installai dans mon siège, le réalisateurs vint nous balbutier une entrée en matière étonnament (faussement?) modeste, les lumières s'éteignirent et ... bang!

Img_3375.jpg
C’était il y a plus d’un an. Depuis lors, j’ai bien tenté de vous parler du premier long métrage de Denis Côté mais, systématiquement, ça a foiré. Cette fois-ci, pas question de louper l’occasion. Alors que LES ÉTATS NORDIQUES revient dans l’actualité avec le Grand Prix de la section principale et compétitive Indie Vision remporté il y a quelques jours au 7e Festival international du film de Jeonju (Corée), j’en profite pour vous suggérer fortement d’aller louer le DVD. Lors du visionnement initial, j’ai ressenti une sensation d'excitation que je n’avait pas expérimentée depuis la projection de ZIGRAIL (André Turpin, 1995) par un matin d'été ensoleillé, au Festival du nouveau cinéma. À l’instar du film de Turpin, Côté nous offre ici une première oeuvre qui carbure à l’énergie de la route comme vecteur de fuite et théâtre d’une crise existentielle où se mélangent la vie et la mort en un cocktail hautement volatil et potentiellement explosif. À la différence de son prédécesseur, il transporte rapidement et littéralement son “héros” (interprété avec brio par Christian LeBlanc) au bout de cette trajectoire symbolique où le processus de reconstruction d’une identité mutilée arrivera, peut-être, à trouver un terreau fertile.

Il est de ces films pour lesquels on serait prêt à aller au feu. Je ne peux classer LES ÉTAT NORDIQUES dans cette catégorie pour la simple et bonne raison que mon opinion en est hautement (trop?) subjective. J’aime l’esthétique qui y est déployée, je salue la liberté de création qui en a entouré la genèse et, surtout, je trouve fort réussi le pas de deux proposé par LeBlanc et Côté entre la fiction et la représentation de ce que l’on peut imaginer comme la réalité quotidienne des habitants de la municipalité nordique de Radisson, où le film fût tourné. Autant je trouve maniérés et calculateurs les courts métrages d’obédience “trash” du réalisateur, autant il me semble avoir réussi ici à doser adéquatement ses influences et ses théories de cinéphile professionnel pour arriver à un résultat unique et personnel.

Certains de ses détracteurs ont tentés de susciter un débat qui, malheureusement, n’a pas eu tout l’espace médiatique que l’on lui aurait souhaité. [J’aurais aimé vous insérer ici un lien à un billet de Jean-François Gravel publié sur le webzine Artifice mais celui-ci semble avoir disparu du cyber-espace. Voici tout ce qui en reste.] Malgré tout, LES ÉTATS NORDIQUES a le mérite de remettre en selle un type de cinéma québécois que l’on pouvait presque considérer comme disparu: celui des petites productions indépendantes qui arrivent à avoir un impact réel à l’international tout en diffusant un portrait de la culture québécoise qui dépasse les pantalonades d’une poignée de réalisateur “performants” et l’univers de Denys Arcand.

À voir absolument.

Discussion

3 Comments

Hugo / May 13, 2006 at 12:54 am
user-pic
I think it should be pointed out that the movie praised here has its fair share of offbeat stylizations which might turn off some viewers. First off, it's digital, yet some landscapes are filmed as though we were dealing with film. Par ailleurs, we have some "longeurs" such as lingering shots of the actor bursting into tears, exerting frustration...undergoing some kind of malaise...This might have been fine on film, but once again, this is digital, do we want an approach where the actor acts out these visceral emotions since reality is flattened to start with...which brings me to the documentary portion which given its digital nature, reflects exactly what it attemps, so is somewhat adequate and enjoyable. oh yes, and the soundtrack, ambient electronic?

Praises due though, I like what this stands for, and am glad of its modest success.
FX / May 13, 2006 at 11:10 pm
user-pic
Bien noté, Hugo. En effet, le film n'est définitivement pas pour tout le monde. Cela dit, j'ai été beaucoup moins gêné par la texture de l'image numérique que je ne le suis habituellement. Sans que l'on puisse dire que le travail est particulièrement raffiné à ce niveau, certains plans, notamment lors de la scène de l'incinération (contre-jour et cie) m'ont agréablement surpris par leurs caractéristiques plastiques. Hé, peut-être suis-je rendu tellement blasé que mes attentes sont de l'ordre du strict minimum? Qui sait? Ce qui est sûr, c'est que, pour les scènes de pathos, le coté "compressé" du numérique ouvre une dimension esthétique dont la pertinence dramatique est ouverte au débat. Heureusement, l'outil lui-même et ses codes d'utilisation ne pourra que continuer d'évoluer...
dj na wesele Warszawa / May 15, 2014 at 11:32 am
user-pic
Unquestionably believe that which you stated. Your favourite justification appeared to be
at the internet the simplest factor to be mindful of. I say to you, I definitely get irked even as people
consider concerns that they plainly don't realize
about. You controlled to hit the nail upon the highest and also outlined out the entire thing with no need side-effects ,
folks could take a signal. Will probably be back to get more.
Thanks

Add a Comment

Other Cities: Toronto