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Film

La maison de l'oubli

Posted by Harold / January 15, 2008

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Lorsque Guillermo del Toro, amplement récompensé l'année dernière pour son Laberinto del fauno, a décidé de mettre son nom sur le premier long-métrage de l'espagnol Juan Antonio Bayona, toutes les attentes étaient permises. Qui plus est, les images dévoilées lors de la longue campagne publicitaire laissaient entrevoir le même éclat qui habitait l'oeuvre de del Toro. Après visionnement, il s'avère que le jeune protégé brille tout autant sinon plus.

Le scénario de El Orfanato, une classique histoire de maison hantée, aurait facilement pu sombrer dans l'archétypale et le déjà vu. Or, il s'avère que Sergio G. Sanchez signe, même s'il comporte quelques failles, un récit aussi envoutant qu'effrayant. Loin des clichés, l'histoire vogue à plusieurs niveaux et soulève certains thèmes étonnamment abordés pour ce genre de film. Aussi, loin de baser sa frayeur sur une plénitude d'effets spéciaux, la tension du film s'opère uniquement sur la suggestion et l'imaginaire.

Certaines similitudes esthétiques sont à faire avec El Laberinto del fauno. La direction photo semble amener une image volatile texturée, accentuée par l'effet "vintage" des lieux où l'action évolue. Car, malgré que l'époque soit très près de la notre, les lieux ont de l'âge, procurant un contraste assez marqué. Plusieurs minutes sont nécessaires avant de bien situer le cadre spatio-temporel. La réalisation est brillante, suggérant toujours de nouveaux points de vue. Le passage du médium est particulièrement bien fait.

Le film est presque uniquement soutenu par Belén Rueda. Son jeu est magistral et englobe les performances ordinaires des autres acteurs à un point où on ne voit qu'elle. La maison où se situe la majorité de l'histoire est sublime, presque trop, et sers bien l'emprise qu'elle tend à avoir sur Laura (Rueda). Il y toujours une pièce nouvelle ou un coin de couloir menaçant et le dénouement est justement basé sur l'exploration des lieux dévoilant, au rythme des belles images, une histoire surprenante.

À l'instar de El Laberinto del fauno, qui proposait une expérience mélangeant le fantastique, le drame et la politique, El Orfanato ne fait pas que dans l'horreur, s'approchant près du suspense et du drame psychologique, ce qui, incontestablement, lui ajoute beaucoup d'intérêt. Bref, une jolie fable sur l'amour maternel et le souvenir. Un film qui tend à faire peur, mais de belle manière. À voir sans aucun doute. ***1/2

Photo: Tirée de l'IMDB.

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