Monday, November 18, 2019Light Snow -5°C
Film

Quand Anne Rice et Van Sant se rencontrent à Fantasia

Posted by Harold / July 7, 2008

20080708_letherightonein.jpg
Il y a de ces films qui vous marquent et vous font réfléchir. D’autres vous déchirent et restent dans votre esprit pour le restant de votre vie. Pour ma part, j’associe généralement cela à un gage de qualité. Qu’arrive-t-il quand ce film vous transperce et vous vide de votre sang? Vous êtes devant Let the right one in de Tomas Alfredson, véritable bijou brut suédois.

Le scénario de Let the right one in est une adaptation directe du roman best-seller éponyme de John Ajvide Lindqvist. Dans le froid d’une banlieue ouvrière de la Suède, un petit garçon de 12 ans, Oskar, est allègrement persécuté par ses camarades et refoule beaucoup de violence. Son univers bascule quand il fait la rencontre d’Eli, une nouvelle voisine, dont il tombe épris d’un amour se révélant réciproque. Le seul problème, Eli est un vampire.

S’active ainsi une fable merveilleusement dense qui s’étale sur plusieurs couches. L’éveil de leur amour, l’innocence de l’enfance, traitée avec espace et respect. Il y la soif de sang abrupt et physique d’Eli, laissant place à des moments excessivement sanglants, mais toujours mis en scène comme un besoin vital dénudé de toute cruauté. La contrepointe est d’autant plus marquée par le contraste énorme entre la violence crue de certaines scènes et la douceur immaculée de d’autres. Ce n’est pas le bien et le mal ou le blanc et le noir. C’est ainsi, c’est tout. Aucun jugement, aucune suggestion, juste deux êtres en marge de la société qui se comprennent mutuellement. Deux êtres joués à vif par deux comédiens inspirés et inspirants.

Il y a beaucoup de Gus Van Sant dans Let the right one in. En fait, le film est découpé de la même manière que le cinéma de Van Sant. Ça respire, doucement, tranquillement. Tantôt onirique, tantôt hyper réaliste. On oscille entre le fantastique et la monotonie sans jamais décrocher. Une manière sans précédent de traiter une histoire de vampire et, surtout, d’y faire ressortir une profonde humanité. Et même beaucoup d’amour. Un choc, un vrai.

Add a Comment

Other Cities: Toronto