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Film

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Posted by Harold / February 25, 2009

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Parce que c’est le tout dernier long-métrage du prolifique Denis Villeneuve et que chaque membre de ma génération devrait tout simplement le voir, si ce n’est que pour comprendre toute l’ampleur des cicatrices à peine refermées qu’a laissées le drame, je suis allé voir Polytechnique.

D’une finesse, d’un respect et d’une humanité remarquable, le film de Villeneuve est une réussite sur toute la ligne. Abordant, non sans rappeler l’Elephant de Gus Van Sant, une sobriété effarante dans le traitement de l’événement et, surtout, en le situant dans un quotidien bien réaliste, la réalisation est d’une grande justesse compte tenu du contexte.

C’est que, il y a quelques mois à peine, l’annonce de l’entreprise d’un tel projet était loin de faire l’unanimité. N’en fallait pas moins pour engendré un débat social où une question ressortait du lot : s’est-il écoulé assez de temps? Pour ceux qui se rappellent encore très bien l’événement, les familles, les employés, les étudiants, peut-être que non. L’horreur était si fraiche en mémoire que nul n’était nécessaire de l’adapter à l’écran. Or, pour la génération d’étudiants actuels, beaucoup trop jeunes à l’époque pour saisir quoi que ce soit, le film de Denis Villeneuve jette une lumière des plus pertinentes sur l’un des plus grands drames qu’a connus le Québec.

L’angle neutre, sinon subtil, jeté sur les témoignages recueillis dépasse de loin le simple rapport d’événements. Sans avoir voulu tomber dans la psychanalyse des motifs du tueur, Villeneuve ne s’est pas gardé d’aborder directement la symbolique féministe que renferme le drame. D’une part, la misogynie de Lépine, de l’autre, la nouvelle femme contemporaine qui délaisse le foyer pour la carrière, à l’origine même des reproches du tueur.

Le choix du noir et blanc accentue le respect porté à l’adaptation, apposant une grande sobriété sur la violence des actes. Au premier plan, la terreur et l’incompréhension, montée dans un élan de poésie macabre qui frappe de plein fouet. Vraiment, vingt ans plus tard, un film qui a incontestablement sa raison d’être.

Discussion

1 Comment

Nikolay / February 4, 2015 at 12:27 am
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Frankly I think that's abosultely good stuff.

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