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Film

|FFM| Manquer le bateau

Posted by Harold / August 31, 2009

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Si vous êtes comme moi, Roger Cantin a joué un rôle important dans l'imaginaire de votre enfance. Non? Mais si! Il est le coscénariste de La guerre des tuques ainsi que le réalisateur de Simon les nuages et des deux Matusalem. Voilà! Or, même si ces œuvres continuent après toutes ces années à nourrir mon cœur de petit garçon, reste que le dernier cru de Cantin, Un cargo pour l'Afrique, m'a laissé l'effet d'une balle de neige pris en pleine gueule.

Dommage, parce que le Festival des Films du Monde profitait du soir de première pour rendre hommage à un grand comédien de chez nous, Pierre Lebeau. Quand Serge Losique lui-même, le fondateur du Festival, affronte, pour la toute première fois dans l'histoire du FFM, un grand auditoire, on a vraiment envie de croire que la projection à laquelle nous allons assister serait à la hauteur des honneurs. Déception.

Nobert (Lebeau) est un travailleur humanitaire qui, suite à un épisode de violence civile au centre d'aide à la jeunesse qu'il dirige en Afrique, est contraint de rentrer dans son pays d'origine, le Canada. Sitôt rentré, il ne souhaite que regagner les côtes du continent ancestral. Or, tombe sur sa route un petit garçon, Christophe (Julien Adam), qui ne le lâchera plus. S'en suit série de péripéties où s'insuffleront de respectables valeurs familiales bien senties.

Si on peut reconnaître à Cantin un véritable savoir-faire pour les quelques effets spéciaux et autres artifices visuels que contient son film, on ne peut pas en dire autant de son scénario pastel et boiteux. On remarque bien les thèmes qui soutenaient ses films jeunesses, famille, rejet, amitié. Mais, dans le contexte abordé ici, ils s'avèrent tout à fait inefficaces.

Lebeau garde toute sa prestance habituelle, mais apparaît faux dans plusieurs échanges. En fait, le dialogue, découpé de manière beaucoup trop théâtrale, constitue probablement la plus grande faiblesse du film. Du coup, on passe tout le temps de la projection à grincer des dents devant le timing trop senti des répliques. De plus, l'idée de mettre des pauvres gens dans chacun des plans pour souligner on ne sait quelle misère humaine tend sérieusement vers l'exagération sociale.

En ce sens, la mise en scène de Cantin garde le grotesque des films jeunesse, écorchant littéralement la palette plus sérieuse du sujet abordé. Certes, on comprend parfaitement ce qu'il a voulu envoyé, mais c'est si peu subtil qu'on se sent rapidement ennuyé.

Bref, comme seul film québécois, même canadien, à être en compétition officielle au FFM, le Québec est très loin causer l'éclat qu'il avait fait l'année dernière avec Le banquet et Ce qu'il faut pour vivre. Au moins, on a bien aimé le petit singe capucin que Lebeau trimbale dans ses bagages pendant le film...

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