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Film

[Fantasia] Cracher en l'air

Posted by Harold / July 12, 2010

20100710_ispitonyourgrave.jpgPhoto: Écran titre de la version originale.

On a souvent dit qu'il n'y avait rien de plus atroce que le viol d'une femme. Pourtant, I spit on your grave, remake du controversé film de 1978 en première mondiale hier à Fantasia, pousse sérieusement à penser autrement. Une ligne de synopsis dit tout : une femme s'étant fait violer par cinq hommes décide de se venger. Ouch!

C'est le coloré Mitch Davis, grand magnat du festival Fantasia, qui s'est chargé de l'introduction, présentant d'emblée le mythe entourant la version originale de Day of the women (I spit on your grave), film qui reste à ce jour aussi controversé qu'il y a trente ans. Il nous rappela que le scepticisme est toujours de mise lorsqu'on décide de s'attaquer à un film culte, car on ne compte plus les remakes boiteux (lire The last house on the left). Hollywood tente souvent, à défaut, de filtrer des bijoux de genre pour en faire des produits grand public.

On était donc en droit de s'interroger sur la pertinence d'une telle entreprise. Or, comme a bien pris soin de mentionner Davis, il est rassurant dans le cas échéant de voir Meir Zarchi, créateur de la première version, à la barre de la production de la reprise. Ainsi, Steven R. Monroe, réalisateur de cette relecture, avait toutes les ressources disponibles pour faire un film dans l'esprit de l'original.

Avant la projection, on ne comptait plus les avertissements. Davis, d'un côté, annonçait que le film était ressorti Urated de la Motion Picture Association on America, ayant fait fit de plus d'une centaine de coupes pour cadrer dans le système de classement nord-américain. Violence perverse, sadique et brutale, viol et torture, nudité et langage vulgaire. Zarchi lui-même nous prévenait : Attachez vos ceintures, Steven est aussi fou que moi! On embarque donc convaincu que ce serait l'épopée horrifique de notre vie.
20100710_ispitonyourgrave2.jpgPhoto: Sarah Butler, "héroine" du film.

Or, force est de reconnaitre que les premières minutes nous font douter. Si le premier tiers du film peut sembler manquer d'éclat, jeu un peu faux, mis en scène manquant de subtilité et emphase inutile, il a la qualité d'amener doucement le spectateur vers les scènes qui lui seront difficiles à supporter, le long viol apparaissant comme véritable point de rupture au ton du long-métrage.

Séquence d'une réelle brutalité, elle rassemble toutes les visions d'horreur de ce que représente le vol ultime imposé à une femme. Et on pense en avoir vu beaucoup au cinéma, je pense souvent à Irréversible, mais très peu d'une façon aussi crue. On n'ose même pas imaginer ce que l'interprétation de ces scènes a pu représenter pour Sarah Butler, protagoniste principale.

La seconde partie du film renverse complètement la vapeur. Ce qui prenait les airs de drame psychologique pervers s'organise comme une orgie tranchante, redonnant au film ses véritables lettres de noblesse, soit un cinéma de genre. Et pour être gore, ce l'est! Assoiffée de vengeance, Jennifer Hills (Butler) fait subir une vendetta exponentielle à ses assaillants. Les scènes qui en découlent font passer la violence commerciale de Saw, Hostel ou Les sept jours du Taillon comme de la petite bière.

Visions ingrates de supplices qu'on aurait presque honte d'avoir même imaginés, les scènes de torture sont une célébration du cinéma gore, insufflant à son auditoire une décharge d'émotion qui va des cris d'horreur aux éclats de rire, passant à tout coup par l'applaudissement. Il y a incontestablement quelque chose de jouissif dans la mise en scène de Monroe et elle ne laisse personne indifférent. Certains n'ont tout simplement pas pu la supporter, comme en témoigne le repas d'un spectateur gisant sur le plancher de la salle ou l'ambulance à la sortie de l'université Concordia.

On épargnera les détails de ces scènes. Disons seulement qu'elles méritent assurément qu'on s'y mesure. Même si, franchement, l'expérience frôle parfois l'immoralité, elle reste tout de même une projection de genre épique, s'inscrivant parfaitement dans le mandat de Fantasia. Il vous faudra par contre patienter jusqu'en octobre, date de la distribution nord-américaine, pour en être vous-même témoin. Et encore là, la distribution montréalaise sera peut-être engloutie par la controverse. Dommage.

La bande-annonce, classée R pour tout le monde:


Discussion

5 Comments

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