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Film

Tuer le fantasme

Posted by Harold / July 30, 2010

20100729_lesamoursimaginaires.jpg Si vous êtes une des nombreuses personnes à avoir détracté ma critique de J'ai tué ma mère, dont certain avec une fougue qui m'a bien fait sourire, vous vous souvenez que je n'y portais pas son jeune réalisateur, Xavier Dolan, dans mes bonnes grâces. J'épargnerai de reformuler ici les arguments que j'avais alors élaborés, l'essentiel étant de rappeler que j'étais loin d'être de ceux qui avaient apprécié son premier film. Or, Les amours imaginaires, son second effort, m'a beaucoup plu. Vraiment. Voilà, c'est dit.

D'abord, il faut reconnaître qu'il y a une grande intelligence dans son scénario. Autant par la fluidité des dialogues que par la justesse de la typographie sociale qu'on y brosse, soit un diaphragme fidèle des mœurs d'une génération suspendu dans un vertige amoureux. La mise en scène de Dolan appuie totalement l'idée, choisissant la délicatesse du non-dit à défaut de l'écriture étouffante caractérisant J'ai tué ma mère. Beaucoup plus qu'un ludique appel à la contemplation, c'est un exercice de style travaillé et réussi, laissant le dialogue enrichir l'image là où il se doit.

Cette fois-ci, on remarque difficilement l'inexpérience de Dolan. La maladresse du débutant cède sa place à la confiance de l'initié, faisant émerger une direction limpide. À ce titre, certains aspects de la réalisation sont franchement esthétiques, voire savoureux. Ici, soulignons les épisodes de décalage du son et image contrôlée, ajoutant aux scènes où il est employé une dimension sensorielle véritablement accrocheuse. Également, possiblement en clin d'œil à la sous-exposition de son premier film, Dolan a concocté des scènes de clair-obscur coloré franchement jolies. Atmosphérique.

On pourrait également mentionner la direction artistique très hip et la trame sonore habilement hétéroclite. Franchement, bien qu'elle soit encore embryonnaire et encore un peu puisée dans des univers connus - on est souvent très/trop près d'Almodovar - la touche de Dolan commence à avoir une singularité captivante. Seul réel bémol de la mise en scène, le ralenti qui, trop utilisé, perd son effet.

On peut bien dire tout le mal qu'on veut sur la personnalité irritante de l'individu, je m'inclus toujours dans ceux qui ont beaucoup de mal à le supporter, n'empêche que Les amours imaginaires est un long-métrage unique, très bien mené et sincèrement agréable.

Discussion

8 Comments

Bruce / July 31, 2010 at 01:38 pm
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Paradoxal.
rob / August 2, 2010 at 02:01 am
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l'emploi de la couleur monochrome dans les scènes au lit m'ont fait penser au mépris de jean-luc godard.
golu dolls / January 22, 2019 at 08:44 pm
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nice post
kanchipuramsarees / January 22, 2019 at 08:44 pm
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nice post
kanchipuramsarees / January 22, 2019 at 08:44 pm
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nice post
herbal powder / January 22, 2019 at 08:45 pm
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nice post

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