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Music

Post-pop : Chilly, Billy, TTC et compagnie...

Posted by MP / October 9, 2005

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Tousse, tousse, mouche, mouche. Je paye pour mes folies. Oui, vous en avez peut-être assez entendu parler, mais j’ai promis de faire un post-Pop et le voici.

Tout a commencé avec le spectacle ultra-gai d’Annie. Pas que c’est quelque chose de mauvais, mais ce soir là, j’avais besoin de quelque chose d’un peu plus pesant qu’une Mylène Farmer norvégienne. Je n’ai pas eu à attendre très longtemps car, presque de l’autre côté de la rue, il y avait le «after» Annie. C’est un peu n’importe quoi d’avoir engagé Ghislain Poirier pour assurer ce party, mais j’étais comblée. Si le but était de nous faire danser, c’était réussi. En fait, les sélections de M. Poirier composent la trame sonore de mon été 2005. J’ai pu aller me frotter contre la piste de danse au moins 5 fois pendant ses soirées Bounce le gros. Et je n’ai pas finit. Il en fait une par mois, la prochaine étant dans le cadre du MEG. Tout ça pour dire que ce mardi soir, ce n’était pas seulement lui derrière les platines, mais aussi Orgasmic de TTC et au micro, les mc's de TTC, ainsi que Busdriver et Omnikrom. Il faisait chaud en sacrament dans le Zoobizarre ! Les gens présents se sentaient assez privilégiés d’assister à ce truc intime; un peu comme en juillet, lors de leur dernier passage à Montréal. Après avoir but comme un trou, je suis allée m’endormir tout habillée sur mon divan. Je ne sais pas ce qu’elle a cette caverne, mais je pars toujours la dernière après avoir fait quelque chose d’épais. Je ferai peut-être un palmarès des choses connes réalisées au Zoobizarre dans un autre épisode. Je vous invite d’ailleurs à partager vos humiliations avec moi. Je me sentirais mieux.

Bon, le lendemain c’était TTC, précédé de Busdriver au Club Soda. Je n’aime pas cette salle. Il n’y a rien à faire. Je la trouve trop grise, trop neuve, trop plate et le son est trop souvent de médium à pourri, ce qui rend la participation du public plutôt difficile. C’était le cas pour TTC. Ils ont donné un super show, mais le son était nul. Le son étouffé laissait sortir certains sons de basses, mais presque aucune mélodies. Malgré tout, ils ont assuré. Cuizinier et Teki Latex torses nus, invitant les autres «mâles» dans la salle à faire de même. Oh la testostérone ! Les gars se collant contre les filles invitées à danser sur Girlfriend, une des pièces les plus grasses de leur répertoire. Bravo ! Du solide. Après leurs spectacles des Francofolies où ils ont totalement séduit et fait dansé tout le Spectrum, la barre était haute, mais ils ont réussi à convertir d’autres adeptes à la religion TTC.
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Le jeudi, l’horaire était chargé. Je suis fière de ma productivité. Le plan était le suivant. Ma job, Panopticon Eyelids au Divan Orange, job, Et Sans au Divan, job, Coco Rosie au Cabaret Latulipe, Chromeo au Main Hall et pour finir, nul autre que Wild Billy Childish à la Sala Rossa. J’ai réussi !!! Wow ! Comme c’était satisfaisant en plus.
Ma première fois devant Panopticon et Et Sans et, malgré le fait que c’était des mini-spectacles d’environ 20 minutes et qu’il y a eu des problèmes techniques pour les deux groupes, l’intensité des prestations m’a rappellé les premières fois que j’allais à des soirées à Hotel2Tango voir Fly Pan Am et compagnie. Prochaine fois qu’ils jouent, je m’assure d’être aux premières loges.
Coco Rosie ont bercé et charmé leurs spectateurs. Même si ça se passait à Latulipe, l’atmosphère était intime … comme être sous le lit avec 2 grandes sœurs dérangées mais douces éclairées par des lampes de poches. J’embarque sur ma bicyclette et je fonce vers le Main Hall.
À mon arrivée, Chromeo sont sur la scène, mais ils ne jouent pas tout de suite. P-Thug pratique son vocoder sur les sélections d’un dj. Les filles présentes me font peur. Comme dans un club sur St-Laurent au coin de Prince-Arthur. Décolleté, cocktail, lipgloss, dos à la scène, rire aigus. Quand Chromeo embarque sur scène, je suis contente qu’on me coupe de ce cours d’anthropologie forcé. J’adore Chromeo depuis la sortie de l’album She’s in Control, que j’écoute très souvent chez moi. J’avais beaucoup d’attentes pour le live. Oui, à cause de pleins d’excuses plus ou moins valides, je les ai toujours manqués. Là je suis restée pour 2 pièces et je n’étais pas trop déçue de quitter. C’est pas qu’ils ne sont pas bons, mais sur scène ce n'est pas trop différent de l’album; pas de danse, pas de costumes assortis, pas de projections. Ceci étant dit, j’ai hâte de retourner les voir… quand je n’aurai pas Billy Childish à aller entendre.
À mon arrivée dans la salle, Billy monte sur scène. Vous savez quand quelqu’un impose le respect par sa présence seule, quand tu sais qu’une personne n’a plus rien à prouver et qu’elle est tout naturellement remplie de talent et sagesse. C’était Billy Childish sur la scène, LE Wild man en personne. Première partie; poésie et spoken word. Touchant, drôle, percutant. Malgré tout, je suis inquiète qu’il n’y ait pas de musique… Jusqu’au moment où il s’assoit avec sa guitare et sa compagne, qui a une voix dans la lignée de Holly Golightly. Ouf. On est sur un balcon au Mississippi sans les moustiques… mais avec des caves, par exemple. À part pour ces gens ultra désagréables qui ont fait du PR tout le long d’un des spectacles les plus importants du festival, la complicité entre les deux était incroyable. Ok dodo.
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Vendredi, Sunday Sinners, Deadly Snakes et Dirtbombs. Je ne sais pas si la fatigue commençait à se faire sentir, mais même si les trois étaient solides, je n'ai pas embarqué. Allez lire d’autres critiques pour ce show, je ne suis pas une bonne source.

Même chose pour le party plate de Vice le samedi. Ce magazine se dit trendy, cool, avant-garde, mais on se sentait comme au St-Sulpice. Musique rock standard, file de 40 personnes pour la bière, trop petit. Je vais me coucher après le show des Sunday Sinners qui sont quand même toujours agréables à entendre.

Dimanche, je retire l’argent que j’avais réussi à économiser pour des choses importantes et je vais la dépenser aux Puces Pop. Quelle belle initiative à recommencer plus souvent (je parle de la foire, pas de ma faiblesse). Ça nous fout en plein visage qu’il y a vraiment plein de gens bourrés de talent à Montréal. De quoi être fière. Après je me dirige au Patro Vys voir le documentaire Everything’s Coming My Way sur Gordon Thomas, un chanteur d’environ 90 ans qui devrait être l’icône du positif. Le film nous raconte les démarche des réalisateurs Stacey DeWolfe et Malcom Fraser pour retracer cet homme et nous présente ce personnage singulier, qui a une voix évoquant le côté un peu off de Wesley Willis. Je rêve d’avoir les yeux brillants à son âge. Il faut le découvrir. Achetez ses albums. Avant de partir, je lui serre la main et il me dit de faire attention à ma santé. Ayoye. Quelle perspicacité impressionnante. Dans le documentaire Taylor Savvy, Mocky et Gonzales vantent le talent de Thomas. C’est pourquoi, ces 2 derniers étaient présents à la soirée. QUOI ? Dans la même pièce que Gonzo et Mocky ? Oh la la. Je serre la main de Chilly Gonzales et lui demande une entrevue avant sa prestation de demain, les yeux brillants. Quel honneur. Je reviens voir mon ami et il me dit que j’ai l’air d’une petite fille qui a vu le Père Noël. Je lui dit Fuck le Père Noël, Gonzo c'est bien mieux.
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Lundi. SOIRÉE IMPORTANTE. Entrevue avec l’homme de la situation. Vous vous rappellez de l’autre article où je disais être tombée à genoux juste en découvrant qu’il venait à Montréal, là je suis devant. Il me parle. Je suis amoureuse. Non seulement, c’est un génie musical, il est drôle, parle français, est brillant, gentil… Câlisse, c’est fort. Gonzales n’est pas venu à Montréal depuis 10 ans. Il attendait le bon moment. Le voici. Le moment a failli être gâché par un piano. L’instrument demandé n’était pas au rendez-vous et il est super déçu. Il veut impressionner Montréal. Ce qu’il ne comprend pas, c’est qu’il pourrait jouer sur un xylophone Fisher-Price et on serait heureux. Sur scène, il a utilisé la méthode Gonzo et a fait à croire à tous que le piano était celui de son enfance. Quel menteur. Chez lui, même le mensonge est séduisant. Après une entrevue d’une heure trente que j’espère vous diffuser un jour, il va se préparer. Je sors prendre de l’air. J’en ai besoin. Le spectacle commence avec Irving Fields, un autre homme époustouflant de 90 ans. 91 albums. Il est plus en forme que moi et c’est fâchant. Un vrai «entertainer». Drôle, raconteur, talentueux. Suivi par Gonzales. Vive le Solo Piano. Il y a vraiment longtemps où je n’ai pas été bouche bée, estomaquée, yeux écarquillés, souffle coupé devant un interprète. Le doigté de Chilly est irréprochable. Il dompte son piano. Il est maître des touches. En entrevue, il m’avait dit que s’il ne rappait plus, c’était parce qu’il ne croyait pas être le meilleur, mais qu'au piano il pouvait mettre au défit presque n’importe qui. Il l’a prouvé lundi soir. Mon frère a même eu l’honneur de jouer un morceau avec lui. Il était aussi excité que moi je crois. Ce fût suivi de Socalled. Très bon mélange de musique juive remixée, d'électronique et de hip-hop. Presque une dizaine de musiciens sur scène avec Irving Fields, Gonzales, Subtitle et autres invités. Fort potentiel, mais il manque d’un peu de rodage. À surveiller avec leur spectacle au mois de novembre.

Je quitte le Théâtre National sur un nuage.
Fin magique pour Pop. Merci Pop.
Merci Billy, merci Chilly.
Tousse, mouche.
Je recommence à me nourrir de d’autres choses que de la bière c’est promis.

Discussion

2 Comments

Elektrik Erik / October 12, 2005 at 04:44 am
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Fait attention quand tu parles de Mylène.<br>Tuuut.......<br>+A
Elektrik Erik / October 12, 2005 at 04:44 am
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Fait attention quand tu parles de Mylène.
Tuuut.......
+A
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