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Music

Eels @ <i>Théâtre National</i>, 06-16-2006.

Posted by MP / June 17, 2006


Ignorant sciemment la déferlante européenne, Arctic Monkeys au Medley et Indochine au Métropolis, passant même devant les Ste.Catherines, qui jouaient au Showcase vendredi, j'ai pris le chemin du plus-que-centenaire Théâtre National, un peu plus à l'Est, pour un rare rendez-vous avec Mark Oliver Everett, aka E, chanteur, multi-instrumentiste et songwriter de génie qui sévit depuis maintenant une décennie avec sa création, Eels, une entité poilue qui change d'incarnation à chaque nouvelle tournée. Ceux qui ont vu le groupe en concert dans les dernières années, par exemple lors de leur précédent passage à Montréal, le 31 octobre 2003, savent qu'un concert de Eels peut s'éloigner beaucoup des mélodies parfois minimalistes des six albums parus depuis 1996. Après un spectacle aux allures symphoniques (immortalisé sur Eels With Strings: Live at Town Hall), Eels lançait le mois dernier «No Strings Attached», une seconde tournée mondiale plus électrique suivant le lancement, au printemps 2005, de l'ambitieux album double Blinking Lights and Other Revelations.

Avec quelques musiciens en plus, et quelques uns en moins (on regrettera Koool G Murder, le très barbu et très orange bassiste/claviériste qui accompagnait le band au cours de quelques unes des tournées précédentes), c'est donc une performance bien bluesée, parfois crasseuse, que Eels a offert, semblable dans la forme à la performance d'il y a deux ans et demi.

Le concert du 16 juin a été présenté sous haute sécurité, assurée par Krazy Al (le bassiste Alan Hunter), qui avait délaissé son instrument pour surveiller étroitement les opérations. À la gauche de la scène, il s'est permis quelques interventions et a administré crème fouettée et poignée de main (gantée de latex) au public du parterre. Ajoutez à cela quelques pas de danse et une démonstration d'arts martiaux peu orthodoxe. Voilà pour les digressions. Mr.E, peu communicatif mais impeccable malgré ses attachantes fausses notes vocales, n'a abandonné ni son chapeau, ni ses lunettes d'aviateur, ni même sa combinaison de travail, au-dessous de laquelle il devait faire au moins 3000 tant il faisait chaud entre les murs bruns du Théâtre National.

Tout comme pour «Tour of Duty» en 2003, Eels a offert une performance qui rocke beaucoup plus que ce qu'on peut entendre sur disque, les pièces récentes de Blinking Lights n'ont pas échappé à ce traitement, et se sont bien mariées aux morceaux des disques précédants, aucun n'ayant été vraiement en reste, aussi bien Beautiful Freak («Rags to Rags», «My Beloved Monster») que Daisies of the Galaxy («Sound of Fear»).
Le moment fort fut un jam exceptionnel qui a bien dû durer un quart d'heure, en plein milieu de «Not Ready Yet», jam au cours duquel Mr.E abandonne la partie, quitte la scène pour laisser le batteur Derek «Knuckles» Brown et le guitariste Chet «Chet Atkins III» Lyster se battre avec la chanson. Everett revient quelques minutes plus tard avec une nouvelle guitare, pour compléter un dernier couplet dont on avait oublié l'existence.

Pour compléter le tableau, «I Like Birds», une des plus inoffensives chansons qui soit, qui subit un traitement presque punk, et deux covers inattendus, la toujours jouissive I Put A Spell On You que son créateur, Screamin' Jay Hawkins, n'aurait pas renié, et une autre reprise, beaucoup moins probable mais néanmoins glorieuse de That's Life, popularisée par Frank Sinatra.

Seul bémol: l'interaction avec le public, quasiment nulle malgré une audience enthousiasmée, ce qui diffère du concert de 2003 alors qu'un Everett presque fraîchement rasé avait, après six ou sept chansons enchaînées à toute vitesse sans dire un mot, charmé tout le monde et procédé, Halloween oblige, à une distribution de bonbons en compagnie de la barmaid du Club Soda.

En première partie, raté Smoosh, duo composé d'adolescentes âgées d'à peine 12 et 14 ans (voir à ce sujet le Mirror de cette semaine, dont elles font la une) qui voyagent avec leurs parents et dont la musique a semblé bien appréciée, d'après les commentaires recueillis à la sortie du Théâtre. Les deux jeunes filles sont d'ailleurs revenues sur scène pour accompagner Eels et esquisser quelques pas de danses avec le Krazy Al, au rappel.

Eels «Blinking Lights and Other Revelations» (2005)

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