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Music

Matisyahu versus Madeleine Peyroux

Posted by FX / October 29, 2006

myoldcomputer.jpg Comme j'expliquais tout à l'heure à Catherine, je suis dans le creux de ma courbe technologique. Mon ordinateur aurais dû être changé l'année dernière et la connexion internet sans-fil que je partage avec elle, ma voisine, semble fonctionner de moins en moins bien. S'en est rendu au point où je dois me tenir debout dans ma douche (le point le plus près de la borne wi-fi) avec mon laptop dans les mains chaque fois que je veux envoyer un fichier ou consulter une page moindrement chargée. L'avantage, c'est que j'allume de moins en moins mon ordinateur, ce qui n'est pas si problématique que l'on pourrait le croire. Le désavantage, c'est que mes critiques de concerts arrivent toujours en retard. Une chance pour vous que notre sympathique éditeur est un sadique qui prend toujours un malin plaisir à me traquer jusqu'aux confins du cyberespace pour me rappeller à l'ordre!

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Je suis donc allé voir (pour vous?) deux spectacles dont celui, d'abord, de Matisyahu. Pas mal surpris, le monsieur. Est-ce moi ou, la dernière fois que Matthew Paul Miller est passé par Montréal il faisait, genre, le Petit Campus? Cette fois-ci, je m'attendais vraiment à un Metropolis clairsemé mais c'est plutôt une salle pleine à craquer qui s'est révélée à moi lorsque j'y ai mis les pieds. Pa-que-té. Quelques kippas par-ci, par-là, au moins un enfant en bas âge en plus d'un couple d'aînés qui se tenait devant moi au balcon. Une drôle de crowd que je pourais qualifier de jock-hippie: le look sporto mais l'attitude cool. Passe le oinj, bro. Pendant que l'on attend, je me dis que ça dois avoir l'air de ça le monde à un concert de Phish. (Évidemment, je n'ai aucune idée de quoi je parle.) La musique qui accompagne la pause est étonnament upbeat et rythmée. French touched big beat? What the hell? Quand notre bonhomme arrive, la foule s'anime. Immédiatement, le son me désarçonne un tantinet. Sans savoir pourquoi, je m'attendais à quelque chose de, je ne sais pas, un peu plus hardcore. Les riddims interprétés par l'excellent band qui accompagne Miller me font davantage penser Festival de Jazz, Scène Du Maurier qu'à un sound system de Trenchtown. J'ai beau avoir lu les comparaisons avec Sizzla, Buju Banton et même Eek-a-Mouse, pour moi, ça ne colle pas. Cela étant dit le concert est au demeurant fort dynamique et, apparemment, très apprécié des fans. Si je vous dis Ben Harper avec une touche de Johnny Clegg (?!) et que vos yeux s'allument, j'espère que vous étiez au Métropolis ce soir là. Sinon, pas d'inquiétude: Matisyahu n'est pas prêt d'accrocher son fedora.

Le lendemain, après l'exubérance et la positivity c'était au tour de l'intensité et du spleen feutré de prendre le relais avec l'étonnante Madeleine Peyroux. Arrivée sur la scène jazz en 1996 avec l'album Dreamland, Peyroux avait ensuite "disparue" pendant quelques années avant de ressurgir en 2004 avec son second disque, Careless Love. Au cours de ces années loin des projecteurs, elle mena une existence libre et frugale, passant beaucoup de temps à jouer dans la rue, notamment à Paris. J'avais entendu parler de l'artiste lorsqu'elle sortit son premier album mais c'est en entendant sa pièce "The Prayer" sur une compilation du label Blonde Music que je devins familier avec sa voix pénétrante. À l'inverse de Matisyahu, les comparaisons qui sont évoquées par rapport à Peyroux ne pourraient sonner plus juste. Deux mots: Billie Holiday. Évidemment, il est toujours possible de critiquer ce qui apparaît comme une copie conforme. Or, l'organe vocale de Peyroux colle admirablement aux fables douces-amères des compositions originales et des reprises qui forment son répertoire. Pour ma part, le contexte était idéal pour le concert du 20 octobre dernier, au Théâtre Outremont. Temps de chien, pluie vicieuse: quoi de mieux que de se réfugier à l'intérieur d'une salle comfortable et de se laisser bercer par la musique d'une chanteuse à la voix juste assez rauque et sulfureuse pour provoquer l'empathie des enrhumés en devenir ayant bravé les éléments pour venir l'écouter? Outre un petit problème technique rapidement remédié du coté du claviériste (qui avait la gueule d'un hybride John Lurie-Vincent Schiavelli) et la présence disproportionnée de la batterie sur un seul des morceaux interprétés, l'acoustique était exceptionnelle pour ce type de concert. Un peu comme avoir Peyroux et ses trois musiciens dans son salon. Not bad.

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