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Music

Parts & Labor, Erase Errata, Adult. @ Sala Rossa

Posted by FX / April 6, 2007

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J'arrive hier soir à la Sala Rossa tout excité à l'idée de voir la prestation d'Erase Errata, en ouverture du spectacle d'Adult. D'emblée, quelque chose semblait clocher: trois mecs s'agitent sur scène. Pendant une fraction de seconde, j'ai eu peur d'être victime du même stunt qu'il y a quelques années lorsque je m'étais pointé au Jailhouse pour voir Man Or Astroman? et que les petits malins du label Touch and Go avaient en fait envoyé des "clones" féminins pour remplacer les musiciens apparament partis en mission ultra-secrète dans une galaxie lointaine à la nature plutôt nébuleuse (get it?). Heureusement, avant que j'aie eu le temps de speed dialer le poste 37 pour faire arrêter ces imposteurs, j'ai soudainement réalisé qu'il y avait un troisième groupe à l'affiche. Bon d'accord, j'avoue: j'avais déjà quelques verres dans le nez...

C'était donc Parts & Labor qui réchauffait la Sala clairsemée lorsque j'ai fait mon entrée. Je n'ai rien contre les gars mais quelques heures à peine après avoir du investir une petite fortune en "pièce et main d'oeuvre" sur mon vélo pour compenser un rude hiver d'utilisation quotidienne, le gag du nom m'a laissé un peu froid. Heureusement, la musique du power trio avait assez de punch pour forcer le public à tendre l'oreille et à se la fermer. Pas pire pour une ville où les openings acts doivent souvent faire compétition à une rumeur constante provenant généralement des blasés qui tiennent en otage le bar. J'aimerais bien vous décrire plus en détail le son de Parts & Labor mais leurs pièces étaient composées de plusieurs influences variées qui ressortaient parfois maladroitement plutôt que de s'intégrer en un ensemble harmonieux et cohérent. À un moment précis (qui n'était vraiment pas représentatif de l'ensemble de la prestation), j'ai soudainement pensé "Neutral Milk Hotel meets the Providence noise scene". Makes sense? Dunno. Ce qui est clair, c'est que ce léger manque d'individualité sera sans doute corrigé avec le temps. Keep on truckin' boys!

Du coté d'Erase Errata, je ne pouvais m'empêcher de penser jusqu'à quel point l'influence d'un groupe comme Gang Of Four est plus que jamais présente chez les groupes contemporains qui naviguent dans ou près des eaux territoriales du pop/dance/post punk (tout particulièrement au niveau des sections rythmiques). Not that there's anything wrong with that et, dans le cas de Jenny Hoyston (guitare et voix), Ellie Erickson (basse) et Bianca Sparta (batterie), on ne peut que se réjouir du fait qu'il se trouve des artistes qui vont au-delà du simple pastiche. Les groupes qui ont une "bonne énergie" et qui peuvent faire bouncer les kids avec un riff repiqué directement des années 80 sont légions. Ceux qui arrivent à injecter à leur musique un mélange savamment dosé d'authenticité et de discours politisé tout en ne faisant aucun compromis sur le groove sont plus rares. En voilà définitivement un à ajouter à votre liste.

Je suis ensuite descendu à la Sala Rosa (avec un "s") pour grignoter un petit quelque chose en attendant qu'Adam Lee Miller et Nicola Kuperus s'installent sur scène. La cuisine venait tout juste de fermer mais j'ai quand même pu jaser un peu avec un membre éminent du CA des Films du 3 mars, qui présenteront en salle, la semaine prochaine à l'Ex-Centris, la compilation Maintenant qui regroupe quatres jeunes cinéastes de la relève dont vous entendrez sûrement bientôt parler. Un quart d'heure plus tard, le plafond s'est mis à trembler: c'était le temps de remonter. Quand j'ai remis les pieds dans la salle, j'ai croisé un ami qui m'a dit "Bienvenue au festival de la basse!" Il n'aurait pas pu mieux dire. Le beat était au rendez-vous dans toute sa splendeur: froid, lourd, tendu et généreusement nourri aux amphétamines. Ceux qui connaissent le son distinctif du couple de Detroit savent exactement de quoi je parle. Les autres n'ont qu'à imaginer ce qui pourrait être la trame sonore d'un film noir cyberpunk qui se passerait en 2027 mais dont le directeur artistique aurait décidé de modeler toute l'esthétique visuelle sur la base du concept "Corporate America circa 1982". J'avais entendu dire entre les branches que la présence sur scène d'Adult. n'était pas à la hauteur du matériel enregistré sur disque (anciennement pour Ersatz Audio et plus récemment pour Thrill Jockey). Que dire? On parle ici de techno minimalo-abrasif pas de George Clinton and the P-Funk All Stars! Verdict: prestation fort efficace et parfaitement adaptée au son usiné et à l'univers paranoïaque du groupe.

Photo: Nicola Kuperus

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