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Music

Pas Chic Chic + The Goods @ Suoni Per Il Popolo

Posted by FX / June 24, 2007

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Photo Yannick Grandmont

C'était Block Party hier au somptueux Gouvea Compound. Belle journée d'été, brise fraîche, conditions parfaites pour passer l'après-midi au soleil sur le bitume brulant d'une ruelle animée de la Petite-Patrie. Tandis que l'arôme enivrant du charbon de bois se mélangeait aux notes syncopées d'un soundsystem calibré au F-U-N-K, tous les invités se liguaient pour tenter de déclasser Sky, 10 ans, le champion de street ball incontesté du quartier. En début de soirée, alors que la lumière passait graduellement du jaune solstice au bleu cobalt, Buddy McNeil and the Magic Mirror prenaient le relais pour un petit jam acoustique improvisé sous l'oeil approbateur d'Antonio, le doyen/voisin portugais qui avait préalablement approuvé tacitement l'événement en offrant aux participants de son légendaire chorizo. Deux seules choses pouvaient me faire quitter cet univers laidback et, heureusement, le déplacement allait en valoir la peine.

Compte tenu de leur pedigree, je n'ai toujours pas encore complètement digéré le fait que les formations Yesterday's Ring et Pas Chic Chic aient accepté de participer au récent Festival Ubisoft(TM). Dans le cas de ces derniers, le contexte certifié bio-hip-marxo-équitable de la Casa del Popolo, faisait hier en sorte qu'un individu picky de mon acabit pouvait se présenter en toute bonne conscience pour aller écouter le concert d'une formation dont la musique elle-même avait déjà opéré un travail de séduction aussi rapide qu'efficace. Pas Chic Chic, d'entrée de jeu, c'est du solide. Un peu comme le répètent ad nauseam les invités de l'émission À la di Stasio, le secret c'est d'avoir de bons ingrédients de base. Dans le cas de PCC, la recette va comme suit: prenez une généreuse portion de Roger Tellier-Craig (voix et cie), ajoutez graduellement l'équivalent de Marie-Douce Saint-Jacques (voix, clavier) et incorporez ensuite une généreuse rasage d'Éric Gingras (basse) et de Radwan Mounheh (guitare). Faites monter le tout en neige à l'aide d'Éric Filion (batterie) et voilà, c'est prêt! Le résultat n'est ni plus ni moins que la somme des éléments qui composent le tout, soit un amalgame efficace et contagieux issue de la collaboration de musiciens talentueux et fort actifs sur la scène montréalaise.

À un moment précis de la prestation du groupe, j'ai eu un flash saugrenu: Jacques Higelin sur la section rythmique de Franz Ferdinand. Ayoye. Ensuite, en regardant, le programme de Suoni Per Il Popolo, j'y ai lu Tellier-Craig qui affirme que lorsqu'il a "découvert la pop décalée de Brigitte Fontaine, les vieilles chansons de France Gall et son côté pop garage orchestré" il a réalisé "que l'on pouvait mélanger une écriture française de qualité avec une esthétique de musique anglo-saxone plus moderne". Bingo. Ceux qui ont entendu le tandem Roger et Marie-Douce en tant que disc jockey sauront de quelle sensibilité "à la française" il est ici question. Pour poursuivre dans la veine des métaphores culinaires, il vous suffit de marier le tout avec un accompagnement indie anglo-montréalais d'un millésime récent et vous aurez tout compris. La raison pourquoi vous ne serez probablement pas seul très longtemps à apprécier cette saveur relevée est que la qualité est définitivement au rendez-vous. Les compositions et les arrangements sont habilement travaillés et l'interprétation du quintette, tout spécialement du côté de Tellier-Craig, laisse poindre les indices évidents d'un showmanship qui les distinguent d'emblée de la vaste majorité des formations qui opèrent dans l'antichambre de la scène locale. Le seul infinitésimal bémol qui pourrait être évoqué vient de leur prestation live qui, à mon avis, bien que quasi impeccable, manque d'un je-ne-sais-quoi qui laisse transparaître le fait que la période de rodage sur scène n'est pas encore tout à fait terminée. Soyons clair: toute autre formation se ferait encenser à ce niveau mais si l'on tient compte du potentiel collectif du groupe et de la qualité de leur matériel, il est clair que l'aventure Pas Chic Chic peut, et va, nous amener encore plus loin.

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De l'autre côté de la rue Saint-Laurent, à la Sala Rossa, Scott C. et Andy Williams recevait le Néo-Zélandais d'adoption Recloose, dans le cadre de leur soirée mensuelle The Goods. Dans son incarnation radiophonique à l'antenne de CKUT, The Goods est l'un des rares points d'ancrage hebdomadaire que mon horaire tumultueux a réussi à conserver intact au fil des années. Leur mélange savamment dosé de hip hop, funk, jazz et toutes autres déclinaisons de genres rythmés et dansants, est l'accompagnement parfait de mes dimanche après-midi et l'antidote idéal, entre 14h00 et 16h00, à l'inertie proverbiale du lendemain de veille qui, sans ce véritable beat smoothie, menacerait de me faire perdre ma journée. Clairsemée en cette soirée pré-fête nationale, la Sala Rossa n'en était pas moins peuplée de heads et d'habitués dont le corps indiquait clairement que les salves musicales atteignaient leur cible. Malheureusement, c'est précisément le caractère irrésistible du groove ambiant qui m'a forcé à battre en retraite avant que Recloose ne prenne le contrôle des platines. Une petite côte récemment fêlée m'élançait à chaque mouvement et, malgré mes efforts, il m'était impossible de rester immobile. Mission accomplie guys!

(Permettez-moi simplement de souligner ici l'importance de promoteurs/DJs tels que The Goods pour la scène montréalaise. La diversité et la vitalité de celle-ci sont certes le fait d'initiatives ponctuelles et de gens qui sont capables de capitaliser sur les tendances du moment mais aussi le fruit du travail de ceux qui tiennent la barre au fil du temps tout en maintenant un haut niveau de qualité. Props to The Goods mais aussi, pendant que nous sommes sur le sujet, à toute l'équipe de WEFUNK, qui célébrait la semaine dernière son dixième anniversaire. Voilà, c’est dit.)

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