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Music

Dans Paris : Keren Ann

Posted by MP / March 4, 2008

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Keren Ann ne vit plus vraiment à Paris aujourd’hui mais plutôt depuis quelques années entre Reykjavik, New York et Tel-Aviv. Sa musique aussi a changé au fil des ans, s’enrichissant sûrement de ses voyages et de ses nouvelles vies. Mais je continue de suivre sa musique où elle va...

Keren Ann s’est imposée dans le monde de la chanson française au côté de Benjamin Biolay (avec qui elle a écrit le Jardin d'hiver d'Henri Salvador). Après un premier album solo pop-folk mélancolique, La biographie de Luka Philipsen (2000), ils ont travaillé ensemble sur La disparition sortie en 2002. Pour moi ce dernier album est un grand disque de folk à la française. Un album audacieux, aux arrangements subtils. On retrouve ici et là des chœurs d’enfants («la disparition»), des vagues électro. («Le sable mouvant»), un sample surprenant de Joni Mitchell («La corde et les chaussons»), un air de jazz («Ailleurs»), des guitares tantôt tendres («Au coin du monde») tantôt tragiques («L’illusionniste»).

Le suivant Not going anywhere (2003) marque la rupture avec Benjamin Biolay et la chanson francophone. Keren Ann a gagné son indépendance musicale en anglais. C’est un album éclaté, écartelé entre l’avant et l’après. Un album charnière sur lequel on retrouve des adaptations en anglais de certains titres présents sur La disparition et de nouvelles chansons qu’elle a écrites, composées, et produites elle-même. Si les reprises en anglais sont anecdotiques, les quelques nouvelles pistes de ce disque laissaient présager ce qu’est désormais devenue la musique de Keren Ann sans Benjamin Biolay. On remarque aussi avec ce troisième disque que l’univers folk anglo-saxon prend nettement le pas sur ses inspirations françaises.

Nolita (2004) s'ancre pleinement dans un univers très New-Yorkais (mais quelques chansons en français y trouvent une place de choix). C’est pour moi avec La disparition le meilleur album de Keren Ann. La première piste «Que n’ai-je ?» est une confession d’une beauté désarmante, et la chanson-fleuve «Nolita» un de ses titres les plus émouvants. Les autres chansons sont plus expérimentales se balançant entre folk, jazz et pop classieuse.

D’album en album la voix de Keren Ann a pris de l’ampleur. S’imposant au premier plan sur son dernier album sorti en 2007. «Lay your head down» qui n’est pas sans rappeler les compositions de Lou Reed est à ce jour je crois le meilleur single de sa carrière. A la fois efficace et recherché. L’album regorge, je trouve, de très belles compositions, mais qui sont hélas étouffées par la production de Keren Ann, que je trouve trop carré, trop précise et qui donne ce son limpide mais un peu fade et froid. C’est en live que se révèle vraiment des chansons comme «Between the flatland and the caspian see» , «the harder ships of the world», et «where no endings end». Sont tout de même remarquables en version studio, la très vaporeuse «Liberty» et la très belle ballade intitulée «In your back» (qui sonne comme une réponse à la chanson de Benjamin Biolay, «Dans mon dos», parue sur son disque A l’origine en 2005 et qui était pour beaucoup destinée à Keren Ann…).


Tous les albums de Keren Ann sont disponibles au Canada (chez EMI).

Pour écouter quelques titres : http://www.deezer.com/#music/result/Keren%20Ann


N.B. : "Dans Paris" est une chronique de "Midnight Poutine", qui voudrait tenter de tisser un lien entre la métropole québécoise et la capitale française. Il y sera question de musique, de cinéma, de concerts, de sorties. En fait "Dans Paris" abordera les mêmes thèmes que toutes les autres chroniques du blog, mais en cherchant à ouvrir une petite fenêtre entre Montréal et Paris. Deux villes à la fois proches et différentes...

Photo d'illustration de Jean-Baptiste Mondino

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