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Music

Oothèque : boucler la boucle

Posted by Gabby / May 13, 2013

20130514_ootheque3.JPGOothèque, c'est le nouveau projet solo de Francis Mineau, plus connu pour avoir porté pendant plus de 10 ans le chapeau de batteur dans le groupe Malajube, un de ces groupes qui a changé le paysage musical du Québec. On s'asseoit quelques minutes pour discuter du processus créatif et du lancement. Ensuite, on s'en va tirer sur des caribous virtuels à l'arcade. Oui, on a pris des photos.

Comment est-ce que le projet Oothèque est né ?
C'est une longue histoire, et en même temps c'est une histoire courte. J'avais le désir de faire un disque. L'expression la plus simple de ce que ça veut dire de faire un disque c'est faire des chansons, les enregistrer, et réussir à les mettre les unes à la suite des autres pour avoir un album. La ligne directrice c'était ça, faire un disque, pas de faire des shows ou faire une tournée ou monter un band. C'était vraiment juste une façon de continuer à travailler à côté de Malajube et faire des chansons qui me ressemblaient plus un peu. C'était une manière aussi de rester vivant dans le monde de la musique. C'est des choses qui s'imposent d'elles-mêmes un peu, de travailler sur la musique et d'avoir des idées musicales. Il s'agit de les organiser et d'aller jusqu'au bout du projet. En cours de route tu écris des chansons, mais des jours tu te lèves et tu ne sais pas si tu vas mener ton projet à terme, tu ne sais plus si c'est bon. Tu passes par différents stades. Mais c'est bon de persévérer et juste finir un projet. Tu peux être content ou non de ton résultat, mais au moins tu peux être fier d'avoir réussi à boucler la boucle. Au début je me demandais vraiment si j'allais chercher une compagnie de disque pour sortir l'album ou juste le mettre sur le net.

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Pourquoi tu n'as pas fait ça ?
On dirait que j'ai une petite nostalgie de comment ça fonctionnait de faire un album. J'ai pas de nostalgie de l'industrie comme elle était avant, mais j'ai quand même un rapport avec la musique qui incorpore un peu de comment c'était avant. J'aime garder la tradition de comment faire un disque, comment ça se développe, et la façon aussi de faire des trucs sur le net, de traiter l'information presque exclusivement via les médias sociaux. Je peux mixer les deux mais je trouvais que c'était bon d'avoir une équipe en arrière qui s'occupe de ça. Juste de lancer quelque chose comme ça sur le net, je trouvais que c'était un peu trop... vague. Je préfère lancer sur le net tout en était encadré. Quand je pense au premier disque qu'on a lancé en 2004, ça fait presque 10 ans et l'industrie a presque complètement changé. Les choses bougent plus vite, faut pas être réactionnaire non plus, c'était pas nécessairement mieux avant mais il faut comprendre aussi d'où on vient et retenir les bons coups et les moins bons coups.

Donc le projet au départ était une bulle.
Quand j'ai commencé à écrire les chansons pour ça, je ne savais pas que ça allait donner cet album, je ne savais pas où je m'en allais avec ça. On travaillait sur l'album La Caverne avec Malajube et tout ça s'est fait en même temps. On ne savait pas non plus qu'on allait prendre une pause, je ne savais pas quand j'allais avoir le temps de le faire. Il n'y avait vraiment rien de prévu, à part le désir de faire des chansons et de peut-être faire un album. Je suis allé passer deux ans à Québec, et j'ai commencé à avoir un peu le blues de Montréal, et j'ai commencé à travailler sur des chansons pas nécessairement parce que j'étais à Québec, mais ça a aidé à démarrer le projet. Je faisais des chansons dans mon appartement, mais je ne savais pas encore que ça allait prendre cette forme-là. C'était un concours de circonstances.

C'était quoi le cheminement entre la musique que tu faisais dans ton appartement et celle qui se retrouve sur le disque ?
C'est sur que de travailler dans son appartement tout seul avec un piano ça reste de base, ça faisait des musiques assez simples. Je travaillais les chansons comme ça, je fais souvent la musique et après j'essaie de coordonner des paroles avec ça. Je voulais pas que ça soit un disque tout seul avec une guitare ou au piano, super épuré. Je voulais enrober d'arrangements plus complexes, et mettre aussi du synthétiseur et des instruments plus techniques comme des beatbox. J'ai commencé avec quelque chose d'épuré juste pour réussir à monter quelque chose par dessus. Et quand tu enregistres tu essaies plein de choses - tu te trompes souvent mais j'ai décidé souvent lors d'accidents de parcours de les garder, pour faire évoluer la chanson d'une façon qui n'était pas prévue au départ. Ça t'en apprend peut-être un peu plus sur toi-même et sur ton inconscient. Maintenant que c'est fait je peux comprendre des choses sur moi-même en ayant un regard extérieur.

Est-ce que parfois tu trouves que tu évolues plus vite que ta musique, et que certaines chansons ne te représentent plus ?
Je ne comprends pas toujours ce que j'écris. Je ne peux pas dire qu'en écoutant une chanson aujourd'hui je dirais que je ne suis plus cette personne, mais il y a des chansons qui datent. C'est dur de vivre avec des chansons souvent, parce qu'on dirait que tu te tannes un peu de ce que tu fais. Tu préfèrerais en faire une autre meilleure, et au jour le jour c'est vrai que ça change. Souvent en musique tu n'es pas satisfait une journée, et l'autre journée tu trouves que ça va. Il faut se dire que c'est fini et qu'on y touche plus, faut mettre un frein et laisser le projet vivre par lui-même. Déjà sur cet album il y a des choses que j'enlèverais, mais il y a un moment où il faut dire stop. Musicalement parlant je n'ai pas eu de feedback, j'ai vraiment tout fait tout seul. J'ai fait l'album et après je l'ai proposé [à Bonsound].

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Essayais-tu de façon consciente ou inconsciente de te distancer du son "Malajube" pendant que tu composais ?
Ni l'un ni l'autre. Je n'avais pas l'intention de faire du Malajube, ni de m'en éloigner. Je fais la musique que je peux faire, j'y vais avec les limites que j'ai, mes connaissances, mes capacités. Je ne pourrais pas faire autrement que ce que j'ai fait. Si ça ressemble à Malajube, c'est sûr, c'est mon band et il y a des liens, les deux sont mes projets. Mais en même temps il y a des choses que ne ressemblent pas et des choses qui ne seraient pas sur un disque de Malajube. De retravailler à quatre ça va faire du bien aussi, d'avoir de la collaboration, du feedback et les idées des autres. C'est sûr que c'est plus riche à quatre, quatre têtes valent mieux qu'une, mais en même temps il y a quelque chose à pouvoir travailler seul.

Lancement de l'album éponyme
Jeudi 16 mai 2013, 18h
O Patro Vys, 356 Avenue du Mont-Royal Est
Gratuit


Photo de la couverture de l'album éponyme tiré de la page Facebook d'Oothèque.
Photos de Francis en train de se défouler à l'arcade Amusements 2000 prises par la vénérable Marine Hercouët.

Discussion

3 Comments

http://Issuu.com / April 24, 2014 at 09:55 pm
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Ahmed / February 4, 2015 at 03:28 am
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?????? ?? Tetley's ???? RAS ? ??? ?? I'm no expert but I think it has to do with promramging your reticular activating system (RAS). I'm simplifying here, but this is an example of your RAS at work: suppose you just bought a new car and you are driving down the highway. Suddenly you notice more cars of the same brand, type and color as your new car than you've ever noticed before. This is your RAS working; your focus and attention is subconsciously on the type of car that you've been thinking and reading about for months before buying it. Another example: you are, once again subconsciously, using your RAS when you are skipping through articles in a newspaper, or your RSS feeds, scanning for specific keywords that spark your interest. If your mind is on the subject of GTD for instance, all of a sudden you will notice more articles or posts about this subject than ever before. Your RAS is a useful tool for focusing your mind and effectively filtering the essence from all visual and auditory inputs.
online degree programs / April 20, 2015 at 09:20 am
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Good issues?Id word that as someone who really doesnt write on blogs so much (actually, this can be my first submit), I dont assume the term lurker is very turning into to a non-posting reader. Its now not your fault in the slightest degree , however possibly the blogosphere may just come up with a better, non-creepy name for the 90% folks that revel in studying the content .

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