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Pop Montreal 2006

SÉRIE POPPÉE - Rockeur prodigue

Posted by Evelyne / October 7, 2006

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Ouf. J’ai mal à mon programme, là. Mais j’ai l’âme au chaud.

Hier un des bastions du psych rock, dont le génie s’est diffusé dans le punk, le garage et le rock en soi, se relevait d’une absence de plus de 20 ans des planches hors Texas. Roky Erickson, surdoué schizophrène, s’est battu dès les années 60 et davantage encore au fil des ans contre la maladie mentale et les autorités, qui elles l’ont balloté de jurys en hôpitaux psychiatriques pour possession simple et autres broutilles.

You're Gonna Miss Me, le documentaire par excellence sur ce Lazare du rock, était projeté à la pittoresque Associacao Portuguesa juste avant sa prestation. En frais d’expérience holistique, l’équipe de Pop a ici frappé dans le mille.

Dans un premier temps grâce à la subtilité des propos du réalisateur McAlester. Avec d’éloquentes scènes filmées ces récentes années ainsi que la participation active de la famille de Roky au projet, on avait là un condensé de vie juste et touchant.

Le gars l’a pas eu facile, c’est clair. Pourtant, dans un deuxième temps, la grande beauté de la soirée, c’est d’avoir fait un gros pied de nez au pathétisme. Car parmi les méandres auto-destructeurs, l’abus de drogues et la famille brisée, c’est surtout la perte de l’identité créatrice de Roky qui attriste le plus au cours du film. Sans médicaments et sous la houlette d’une mère surprotectrice à l’affection inconditionnelle mais presqu’incestueuse, l’esprit spontané et inventif du musicien était réduit à une bouillie figée. Aliéné, isolé et impassible, il ne pouvait d’ailleurs lui-même pas expliquer le déracinement de sa plus grande passion, la musique, qui semblait sans appel.

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Mais le celluloid s’est fait chair, et sur c’est sur une scène montréalaise que la légende bien vivante s’est réaffirmée comme un artiste de grand talent. La prestation a été terminée avec la pièce-titre du film, captée sur vidéo. Des dires des organisateurs, l'expérience a été concluante pour Roky et ses Explosives également. Chaud dedans.

Le reste de la soirée a été plutôt précipité. L’air glacé de l’automne trop précoce nous a cinglé les joues entre des bouffées torrides à l’Academy, au Lambi et au Petit Campus. Le flow d’un Subtitle à couper au couteau a été joint par celui, en feu, de Sixtoo, qu’on est plus habitués à voir expérimenter beats et thérémine que micro. L’authentique rock folky du Royal Mountain Band, dans un tout autre registre, a fait danser les filles et boire les garçons. Puis, Kid Sister terminait un set plutôt court (elle commence, normal) mais plein de conviction devant des fans exaltés.

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Malajube

Le terminus se faisait au Centre fractal. Wintersleep et Malajube y jouaient à 2h30 et presque 4h respectivement, alors que TTC au complet, Curtis Vodka et Edu K cassaient la baraque en bas. Les deux groupes à l’étage me confiaient voir d’un assez mauvais œil le set très tardif qu’ils devaient jouer, mais les inquiétudes étaient tout sauf fondées. Malajube en a fait pogoter plus d’un en nous assénant leur prog candide à bout de poumons. Une de leurs performances les plus puissantes à ce jour. Frissons.

Discussion

1 Comment

Limbania / February 3, 2015 at 10:55 pm
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i have no idea who you are, but i saw the times piece and have known mice and once even had a dog that was afraid of the mice.i like how you save some of your bite for yoserulf.good luck, te

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